à la ferme équestre du Grand Etang

à la ferme équestre du Grand Etang

Eric-Emmanuel Schmitt

    J'ai découvert cet auteur français qui vit à Bruxelles (prononcer Brusselles), quand je travaillais le "Concerto pour clarinette " de Mozart.
Elodie, ma fille, m'a prêté alors "Ma vie avec Mozart" de cet auteur.

"Ma vie avec Mozart" est un récit-fiction autobiographique, accompagné d'un CD. Uhymne d'admiration, de reconnaissance et d'amour pour le grand compositeur.   Un des  16 extraits  des oeuvres de Mozart est d'ailleurs  joué au piano par l'auteur lui même.


« Un jour, il m 'a envoyé une musique. Elle a changé ma vie. Depuis, je lui écris souvent. Quand ça lui chante, il me répond, lors d'un concert, dans un aéroport, au coin d'une rue, toujours surprenant, toujours fulgurant. Il est devenu mon maître de sagesse, m'enseignant des choses si rares, l'émerveillement, la douceur, la sérénité, la joie.»

L'histoire:
   Un adolescent tourmenté assiste par hasard à  une répétition des Noces de Figaro. Par la voix de la comtesse, Mozart lui sauve la vie. "On ne quitte pas un monde si plein de richesses et de beauté." Eric- Emmanuel Schmitt et le compositeur de génie ne se quitteront plus. A dix-huit ans, comment ne pas se reconnaître dans les émois amoureux et les désirs de Chérubin, plus tard dans l'avidité sensuelle de Don Juan ? Une relation intime s'installe. Le musicien devient à la fois l'enchanteur et le directeur de conscience qui révèle la poésie des choses, apprend la douleur et la tendresse. A son école, l'élève devient meilleur. Adulte, philosophe et bientôt dramaturge, dans les moments d'allégresse ou de souffrance, à chaque page de sa vie, un air, un choeur, un quatuor, une messe ou une sonate viennent le conseiller, le consoler ; lui donner l'intelligence et la foi.Comment devenir soi-même, accepter la mort, reconnaître le bonheur au passage ? Pour l'auteur, Mozart est la clé qui ouvre toutes les portes, celles de la passion ou de l'amour universel, de la liberté et de l'esprit d'enfance.
             Sa musique est lumière, grâce et mystère :
« Lorsque je dis Mozart, je ne dis pas que ton nom, je désigne le ciel, les nuages, le sourire d'un enfant, les yeux des chats, le visage des gens que j 'aime, toute la beauté du monde».

    Ce fut ma première rencontre avec Eric-Emmanuel Schmitt. Et il y en a eu d'autres.
  "Oscar et la dame Rose." je l'ai lu, relu, étudié de long en large, visionné le film adapté par l'auteur lui même...Ce fut la révélation.  
   J'ai commencé alors à m'intéresser à cet auteur, à lire d'autres ouvrages empruntés à la bibliothèque d'Elodie ,  à des admirateurs de E.E.Schmitt, ou achetés: 

- L'évangile selon Pilate

- La nuit de Valognes

- Ulysse from Bagdag

- Lorsque j'étais une oeuvre d'art 

- Concerto à la mémoire d'un ange (nouvelles)

- La secte des égoïstes

- Quand je pense que Beethoven est mort
   alors que tant de crétins vivent.

- La femme au miroir

- Le visiteur

- Un homme trop facile

- L'élixir d'amour

- Les deux messieurs de Bruxelles ( recueil de nouvelles)

- La trahison d'Einstein (pièce de théatre)

- The Guitrys ( pièce de théatre)

- Si on recommençait (pièce de théatre)

- Le carnaval des animaux (accompagné du CD qui reprend les musiques de Camille Saint Saëns, superbement illustré)

Et la liste n'est pas close. J'aimerais lire les autres livres de cet auteur.

 Lors de son passage  à la Réunion, j'ai assisté à une conférence -débat au théatre sous les arbres au Port.
(qui est pour de vrai un théatre sous des arbres , en plein air donc.) 
Au cours de cet échange avec le public, j'ai surtout découvert:
- ses principes d'écriture:
  .  description succinte des personnages (les lecteurs font le reste," Ils ont assez d'imagination!")
  . Il détourne des faits réels ou connus: Ponce Pilate qui doute, Freud qui reçoit la visite de Dieu.
- la part d'autobiographie dans "Ma vie avec Mozart"
- la place de la philosophie dans ses histoires
  "Toutes ces histoires ont leur origine dans le champ philosophique et psychologique parce qu'elles sont en recherche de sens.. Un livre ne doit pas être admirable pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il produit chez le lecteur."

- comment "une nuit dans le désert" a changé sa vie...
- tous ses textes posent des questions philosophiques. Quand aux réponses, c'est au lecteur de les trouver.
" Les questions rassemblent, les réponses divisent."

On peut retrouver toutes ces informations sur le site officiel de l'auteur.
Et bien sûr j'ai fait dédicacer des livres à Agora de Saint Benoit.



   J'éprouve une affection , une admiration particulière pour les  six livres du cycle de l'Invisible dont voici mon analyse:
ou comment - ça - parle - de - quoi - ça - parle?


Le cycle de l'Invisible.

  "Une naissance, un amour, une maladie, la mort, rien de tout celà n'a de sens manifeste, une signification évidente. Voici donc ce que j'appellle l'Invisible: le sens qui n'est pas dans les choses mais que les hommes doivent deviner, imaginer ou recevoir. Dans chacune de mes histoires, une spiritualité(boudhisme, islam, christianisme, judaïsme, zen) vient apporter son renfort. A chaque fois, il s'agit d'enfance- la virginité philosophique- et l'expérience- l'adoption d'une sagesse."
                 Eric-Emmanuel Schmitt.

   Le cycle de l'Invisible rassemble différents parcours  initiatiques d'enfants carencés, en mal de parents. Une rencontre avec un maître, une religion, les amène à une connaisance de soi et une harmonie qui sont une réponse à toute quête humaine.

Ce cycle comprend six titres:
  • Milarepa. 1997.(boudhisme tibétain)
  • Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran. 2001.  (soufisme)
  • Oscar et la dame Rose. 2002. ( christianisme)
  • L'enfant de Noé. 2004. ( judaïsme)
  • Le sumo qui ne pouvait pas grossir . 2009.  (boudhisme zen)
  • Les dix enfants que Madame Ming n'a  jamais eus. 2012. ( confucianisme)

"Une religion n'est ni vraie ni fausse. Elle propose une façon de vivre." E.E. Schmitt



1. Le Sumo 
qui ne pouvait pas grossir


Thème: la méditation zen pour l'acceptation de soi.


Sujets traités: 
les combats de sumo                                           
la méditation
l'intolérance
l'acceptatation de soi
maladie génétique: le syndrôme de Williams
jeunes S.D.F au Japon
rencontre salutaire d'un guide
les origines familiales

Intention de l'auteur:
La maîtrise du corps (combat de sumo), et la méditation zen permettent à un ado fougueux d'entrevoir " le bleu qui se cache derrière sa douleur de vivre" 

Messages de l'auteur:
- Le malheur n'est pas héréditaire; celui qui se sauve lui-même peut sauver sa famille.
- Nécessité d'accéder à la connaissance de ses origines et donc de soi même.
- Il faut chercher en soi pour trouver sa solution et ne pas faire porter aux autres ses difficultés à vivre.


 L'histoire:
   Jun, 15 ans, révolté, sauvage, vit dans les rues de Tokyo loin d'une famille dont il refuse de parler. Il traîne son mal-être et refuse de lire les lettres que lui envoie sa mère à une adresse fictive.
Un maître de sumo, voit un gros en lui ( Jun existe dans le regard du vieillard non seulement dans le présent mais aussi dans un futur proche.) et l'incite à pratiquer cet art. D'autre part, la méditation zen va lui permettre petit à petit de se réconcilier avec lui même, de s'accepter tel qu'il est , à accepter sa famille: père suicidé, mère atteinte du syndrôme de Williams, et à se tourner vers l'avenir. Apaisé, il pourra enfin construire sa vie avec la soeur d'un champion de sumo, et partager son amour. Il pose un regard nouveau sur sa famille, sur la famille. Son horizon s'éclaire.


Personnages principaux:

Jun: 15 ans, S.D.F., a une image négative de lui même, une vision peu flatteuse, désespérante: « J'étais maigre, long, plat, de face, j'avais l'air d'une peau de hareng séché sur du bois d'allumette; de profil, on ne pouvait même pas me voir...je manquais de relief... »Il est fier de ses genoux cagneux., sa pomme d'adam est proéminente..
Jun croit tout connaître alors qu'il ignore ses racines. Il est « comme une graine qui ne peut pas pousser sur du béton. » (C'est pour celà qu'il ne pouvait pas grossir, devenir lui même, s'épanouir!).Il reste enfermé dans sa colère, sa victimisation familiale et son rejet de tout sans discernement.

Shomitsu: le maître de sumo est en réalité l'oncle de Jun. C'est un maître spirituel mais surtout figure paternelle. Il accepte le disciple tel qu'il est (agressif, fier, rebelle) , car il sait que tout s'acquiert dans l'effort, la répétition, la patience. Il « a réponse à tout » dit Jun. Il est aussi rassurant, compétent, va lui redonner vie en lui donnant la connaissance et lui permettant d'accéder à sa spiritualité

La mère de Jun: atteinte du syndrôme de Williams. Elle participe au récit à travers les lettres qu'elle envoie à Jun et à travers les paroles de Shomitsu. C'est « un ange qui aimait tout le monde »; ce qui rendait Jun jaloux et lui gâchait la vie.


Citations:

  • Quand on dit peu, ça cache beaucoup.
  • Derrière les nuages, il y a toujours un ciel.
  • Un perroqut prisonnier dans une cage à préjugés.
  • Si on ne s'interroge pas, on risque de passer à côté de fondements importants de sa vie.
  • La vie n'est ni un jeu, ni un match, sinon il y aurait des gagnants.
  • Ce que l'on refoule pèse plus lourd que ce qu'on explore.
  • Apprendre est agréable, désapprendre l'est moins.
  • Si ce que tu dis n'est pas plus beau que le silence, alors tais-toi.
  • Shomitsu, en éclairant mon présent par le passé, avait revigoré ma volonté.
  • J'ai dit que c'était possible, pas que c'était facile.
  • En réalité tu possèdes un bloc de volonté, mais de mauvaise volonté.

Ce que j'ai apprécié particulièrement:
 les lettres de la mère de Jun, qui ne sait pas lire et écrire:
 - une larme sur l'enveloppe pour signifier qu'elle avait pleuré au départ de Jun.
- une empreinte de rouge à lèvres = je t'embrasse
- une pierre grise = mon coeur est lourd
- une plume de pigeon = écris moi, reviens,ou bien où es-tu?
- un vieux collier de chien ( dont la fermeture était cassée)= je m'en fous, ou tu es libre
L'adresse a été écrite par un voisin.

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2. Les dix enfants que
madame Ming n'a jamais eus.


Thème: les valeurs du confucianisme 

Sujets traités:
- la révolution culturelle en Chine                          
- la politique de l'enfant unique en Chine
- la vérité / les fantasmes
- la paternité, l'engagament
- la famille, l'amour filial inconditionnel
- l'identité; ce qui fait de nous un être distinct.
- la vertu (qui n'est pas le vrai, mais le bon.)


                     
Message de l'auteur: 
Le vivre-ensemble, l'harmonie, l'entente, sont plus importants que la vérité.

Intention de l'auteur:
E-E Schmitt pose la question philosophique suivante:
  "Doit-on accepter la réalité telle quelle est, ou ne devrait-on pas l'enrichir de rêves, de fantasmes, lesquels, s'ils ne sont pas la teneur des choses, témoignent de la vitalité de l'esprit?"


 L'histoire:
  Un homme d'affaires , dépêché en Chine par son entreprise pour négocier de juteux contrats, a pris l'habitude de s'enfuir aux toilettes du sous-sol du grand hôtel de Yunhai, chaque fois que la situation devient délicate avec ses négociants, pour les enrager et les inciter à signer . C'est là, qu'il fait la connaissance de madame Ming, dame pipi, qui règne sur les latrines masculines. Ils font connaissance, et la conversation porte à chaque passage du narrateur, sur la famille, la vie, la famille de madame Ming. 
Malgré la politique de l'enfant unique de la Chine, madame Ming se targue d'en avoir dix, dix enfants dont elle est fière, dix enfants dotés d'un don fabuleux. En effet:
 Li-Mei , la dessinatrice rêveuse est capable de déceler l'invisible, Shuang, commentateur de la bourse à la radio, est obsédé par la vérité, Kun et Kong les jumeaux acrobates réussissent l'extraordinaire, Ho, est parieur compulsif, Wang est créateur de jardins de mots, Ru, est un monstre de mémoire alors que Zhou est un monstre d'intelligence, Da-Xia , chasseuse de tête à Hong Kong s'acharne à vouloir tuer Madame Mao. Enfin il y a Ting Ting, la préférée de madame Ming, teigneuse, opiniâtre, qui va jusqu'au bout! Mais l'homme d'affaires a de plus en plus de mal à supporter les affabulations de madame Ming, alors que lui même s'invente deux enfants Fleur et Thierry., et qu' il vient de plaquer à Paris, Irène, sa compagne, qui lui avait annoncé qu'elle était enceinte. 
Cet homme d'affaires mène sa vie comme il l'entend, s'interdit de s'engager, ne répond pas aux  messages d'Irène (qui l'informe de l'évolution de sa grossesse), se déplace beaucoup et son activité soutenue le « dispense d'une introspection ». Cependant, peu à peu, on voit poindre chez lui une réflexion sur sa vie , un désir de changement.
  Au cours d'une de ses missions en Chine, il ne retrouve pas madame Ming à son poste; victime d'un accident de la route, elle est hospitalisée. C'est donc à l'hôpital qu'il la revoit et fait connaissance de Ting Ting sa fille unique. Ainsi donc l'existence de ces enfants n'était que mensonge! Ni Madame Ming, ni sa fille n'avaient pu accepter le monde tel qu'il est. Mais peut être aussi que « nos destinées devraient s'enrichir de rêves, de fantasmes, qui témoignent de la vitalité de l'esprit! » Le narrateur est décontenancé par cette découverte et craint le pire quand madame Ming demande à sa fille de réunir tous ses enfants pour son dernier anniversaire.  "Si on prive quelqu'un du mensonge qui soutient son existence, il s'effondre."  Comment Ting Ting allait-elle justifier l'absence de ses frères et soeurs? Néanmoins, trois jours plus tard ils étaient tous là: les amis de Ting Ting! Ils avaient traversé le pays et pouvaient pour une fois endosser leur rôle d'enfant pour le bonheur de sa mère, victime de la révolution culturelle (elle s'est retrouvée dans un camp de rééducation avec ses parents) et victime de la loi de l'enfant unique. En effet, elle avait du subir un avortement aux conséquences dramatiques: six années en maison de convalescence suite à une grave maladie du sang . Elle a survécu à cette épreuve grâce à Ting Ting , aux lettres envoyées à ses amis qu'ils réécrivaient de leurs mains et envoyaient à madame Ming, grâce à ce mensonge qui lui a permis de fuir la réalité douloureuse et soutenir son existence. Mais Madame Ming n'est pas dupe: "Le juste milieu jusqu'au bout...entre rêve et réalité." car dit-elle, « La vérité m'a toujours fait regretter l'incertitude. »
Le narrateur finit par adopter la sagesse du confucianisme, et, dès son retour à Paris , rejoint Irène qui venait juste d'accoucher et lui souffle à l'oreille: « Si tu le veux bien, je prends la mère et l'enfant. »

La famille, avant tout!


Personnages principaux:

Le narrateur: célibataire et fier de l'être, il s'interdit de s'engager. Commis voyageur, toujours en déplacement, il effectue des transactions pour sa firme "Pearl River Plastic Pruduction" en  Chine, en  Amérique du Nord et en Scandinavie. Son activité soutenue, ses déplacements   "le dispensent d'une introspection". "Chaque mission produisait une amnésie de mon existence antérieure en me proposant des éléments inédits à assimiler." Ce commercial a le don des langues; il  parle sept langues!

Madame Ming:
  "Peu de choses à première vue la distinguait des autres cinquantenaires...L'oeil pointu, le chignon moiré. La tête ronde d'une couleur écarlate...des plis sur la peau, des dents aussi fines que des pépins. Madame Ming évoquait une pomme mûre, sinon blette, un brave fruit, sain, savoureux, pas encore desséché...Mince, son corps semblait une branche souple; sitôt qu'elle s'exprimait, elle s'avérait plus acidulée que sucrée..."
" De la Chine de Mao, Mme Ming conservait l'égalitarisme, de celle de Confucius, elle perpétrait l'humanisme."
   Pendant la révolution culturelle, elles s'est retrouvée, avec ses parents intellectuels, dans un camp de rééducation où elle a refusé l'endoctrinement, le dressage. Après la naissance de sa fille Ting Ting, elle a été victime de la loi de l'enfant unique et a subi un avortement aux conséquences douloureuses. Atteinte d'une grave maladie du sang, elle rete 6 années en maison de convalescence. Elle a survécu à cette épreuve grâce à Ting Ting, lsa fille unique , qui lui adresse (par l'intermédiare d'amis installés dans toute la Chine) des lettres, des photos de ses enfants oniriques; mensonge qui soutient son existence, enrichit sa vie et l'aide à fuir la réalité douloureuse.

Les enfants oniriques de Mme Mao:

Daxia: chasseuse de tête à Hong Kong, 
         enfant terrible qui n'avait qu'une obsession:tuer      
         Mme  Mao.
   Elle est devenue experte en poisons, calée sur les carabines, entraînée aux armes blanches, perfectionniste dans l'assassinat, mais aussi loyale envers les siens, "soupe au lait, vive, emportée, dure, manipulant ses proches, câline."
"M'aider, c'est aider la justice, disait-elle, à l'instar de Mme Mao qui disait: "me servir, c'es servir le peuple."

Shuang: commente les cours de la bourse à la radio.
           "obsédé par la vérité, incapable d'analyser les           
pensées, de les filtrer,, d'en refouler certaines"; ce qui lui a causé bien des malentendus, des   désagéments avec ses proches.

Li Mei:dessinatrice rêveuse, a sauvé les contes de   Didi la grenouille, en réalisant les illustrations.
         Li Mei est capable de percevoir des choses que nul ne voit: dans les nuages, dans la vapeur, dans les blocs de pierre, les planches et même la légende du phénix sur un tapis usé.
Elle s'est montrée aussi capable de percevoir le degré d'honnèteté des joueurs de poker.

Kun et Kang:acrobates dans le cirque national.
                  jumeaux identiques à la perfection ,rois de la tache et des bobos, téméraires.

Ho: joueur compulsif
   joueur de poker, mah jong, roulette.. A eu de nombreus déboires à cause de ce penchant en croyant dominer le hasard:il s'est ruiné, sa femme l'a répudié, ses amis l'ont fui et il s'attire encore la réprobation.

Wang:créateur de jardins imaginaires merveilleux, de
         " jardins de mots"
        s'enthousiasme dès le plus jeune âge pour les jardins décrits dans la littérature, et a fait des études à l'école d'agronomie.

Ru et Zhou qui se succèdent dans une école d'élites à Pékin
    Ru: "un monstre de mémoire", retenait tout: les termes, les signes, les dates, les programmes de music-hall, les horaires de train..Ce garçon a une connaissance livresque des dialectes et de langues diverses ( lit sans réfléchir); Il est capable de restituer les maximes des Entretiens de Confucius rien qu'en lui disant le numéro de la maxime, mais n'utilise pas ces maximes à bon escient.
    Zhou est "un monstre d'intelligence" qui met celle-ci au service de la paresse et de la raillerie.

Ting Ting, la préférée de Madame Ming, est "menue, sèche, stressée, aussi plate qu'un idéogramme, pleine d'énergie." Sa mère la décrit comme teigneuse, opinîatre; elle va jusqu'au bout. Elle participe chaque année à un camp de musique et de danse où elle s'est fait  des amis mis à contribution pour faire exister les 9 enfants oniriques de sa mère. Elle a relevé le défi de les réunir tous à l'hopital, en quelques jours pour l'anniversaire de sa mère.

Citations:
  • Nous naissons frères par la nature et devenons distincts par l'éducation.
  • Au lieu de se plaindre de l'obscurité, mieux vaut allumer la lumière.
  • La première vue ne voit rien.
  • Accomplir un acte remarquable vaut mieux que d'être remarqué.
  • Dépasser le but n'est pas l'atteindre.
  • La joie se cache en tout, il faut savoir l'extraire.
  • La conduite du sage reste sans saveur, comme l'eau.
  • Agis par gentillesse mais n'attends pas de gratitude.
  • Si tu rencontres un homme de valeur, cherche à lui ressembler; si tu rencontres un homme médiocre, cherche ses défauts en toi.
  • L'expérience est une bougie qui n'éclaire que celui qui la tient.
  • Les arbres sont le contraire des hommes; à mesure qu'ils s'élèvent ils cherchent le ciel.
  • Pas trop d'isolement, pas trop de relations, l'exact milieu, voilà la sagesse.
  • Celui qui déplace la montagne commence à enlever les petites pierres.
  • Choisissez un travail qui vous passionne et vous n'aurez pas travaillé un seul jour de votre vie.
  • Apprendre sans réfléchir est inutile; réfléchir sans apprendre est dangereux.
  • Celui qui ne progresse pas chaque jour, régresse chaque jour.
  • Le silence est un ami qui ne trahit jamais.
  • Qui plante la vertu ne doit pas oublier de l'arroser souvent.
  • Le sage est calme et serein, l'homme de peu, écrasé de soucis.
  • Un homme heureux se contente de peu.
  • Appliquez-vous à garder en toute chose le juste milieu.
  • La vérité c'est juste le mensonge qui nous plait le plus.
  • La vérité m'a toujours fait regretter l'incertitude.
  • Je ne savais poas que c'était impossible, alors je l'ai fait.

Ce que j'ai le plus apprécié:
1. La place du confucianisme dans le récit.
   Madame Ming représente Confucius; c'est elle, qui égrenne, au fil du récit, les valeurs du confucianisme. Mais tout dans ce récit fait allusion au confucianisme: chaque situation, chaque description d'enfant virtuel...Le confucianisme est omniprésent dans la discrétion:
- Le titre: dès le départ, on sait qu'elle na pas 10 enfants, pourtant, tout laisse à croire qu'ils sont réels.
    le juste milieu en tout...entre rêve et réalité.

- Mme Ming décrit chacun de ses enfants en mettant en avant un don extraordinaire.
    Chaque être se révèle unique, dans le cas contraire, nous ne le voyons pas.

- Mme Ming s'invente une famille nombreuse que sa fille réunit à la fin du récit.
    La famille , et donc l'amour filial inconditionnel est une valeur de base du confucianisme.

- Daxia, tueuse de Mme Mao.
   Daxia en fait, s'acharnait à tuer la Mme Mao qui était en elle, s'acharnait à lutter contre ses défauts. On est tous perfectible , "Avoir des défauts et ne pas s'en corriger, là réside la tare."

- Shuang, qui se cantonne à la stricte vérité.
    Si on dit des vérités on risque des interprétations des propos, des malentendus, car "la vérité n'a guère l'allure du vrai."La sagesse est de mesurer ses paroles, se taire, se tenir coi, laconique, riche de réserve."
" Le silence est un ami qui ne trahit jamais."

-Li Mei, voit ce que personne ne voit.
 un état de  sagesse, comme  palper l'impalpable.

- Kun et Kang, les jumeaux acrobates.
Nécessité de se différencier, d'être soi, et non des moutons de Panurge.
"Les élus ne réussissent que l'extraordinaire et loupent l'ordinaire."

- Ho, parieur compulsif.
On doit apprendre de ses erreurs pour avancer.

- Wang, créateur de jardins imaginaires, de jardins de mots.
  Les jardins de mots de Wang sont une métaphore de la famille de madame Ming, qui aime ses enfants de manière inconditionnelle même s'ils ne sont pas réels.
  Le passé subsiste par les mots, perpétuer le souvenir par l'écrit.

-Ru, monstre de mémoire et Zhou, monstre d'intelligence.
Le juste milieu en tout:
. dans ses relations avec les autres: "Pas trop d'isolement, pas trop de relations."
. Apprendre sans réfléchir est inutile, réfléchir sans apprendre est dangereux.

Ting Ting, la fille unique.
culte du respect, défense de l'amour familial

2. La comparaison utilisée pour expliquer que nous naissons frères par la nature et devenons distincts par l'éducation.
  visite de l'atelier  de fabrique des poupons et méditation devant les ouvrières toutes identiques,  en apparence. Dans le destin des poupées l'auteur repérait celui des hommes  (p 43):" dès qu'ils seraient adoptés par un enfant, ils se différencieraient, marqués d'amour, tatoués d'une histoire, marqués par l'expérience..."


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3. L'enfant de Noé.        

Thème:  le judaïsme         

Sujets traités: 
- la deuxième guerre mondiale en Belgique
- les enfants juifs cachés pendant la guerre
- la recherche de filiation, d'adoption
- l'amitié
- la foi dans le "Dieu d'Israël" et la foi dans "le Dieu des chrétiens"
- le respect, la tolérance et la justice envers les autres    au-delà des particularités religieuses et culturelles
- la sauvegarde, tel Noé, de la culture des peuples menacés d'extinction 
                  
Messages de l'auteur:
- Il invite le lecteur à devenir un enfant de Noé
- Apologie du respect et de la justice afin que la paix puisse s'établir
- S'entendre malgré les différences de religion est possible.
- Le mal existe et il est voulu, non par Dieu mais par l'homme. L'homme a le choix entre la justice et l'injustice, le bien et le mal. "L'entreprise de Dieu est aux prises avec la liberté de l'homme."

Intention de l'auteur:
  montrer la continuité entre le judaïsme et le catholicisme, la filiation entre ces deux religions.

Le titre: L'enfant de Noé.
    Il ne s'agit pas de se faire adopter, mais d'adopter une pensée, une action basée sur le respect et la justice.

 L'histoire:
   1942. Bruxelles. Les rafles commencent. Les parents de Joseph le confient à des inconnus. Dénoncée par des voisins, la Comtesse de Sully sauve de justesse la situation. Mais, parce qu'il est juif, Joseph doit absolument se cacher; chez Mme Marcelle d'abord qui lui apprend à taire son nom, son histoire et lui donne une nouvelle identité. Ensuite, durant deux années, disimulé dans un pensionnat catholique, la Maison Jaune, où il doit vivre sous une autre identité et se comporter comme un catholique. Il va grandir auprès d'un prêtre le père Pons, qui, tel Noé, s'attache à faire survivre la culture juive pour la transmettre à ces enfants sauvés afin qu'ils ne perdent pas leur identité.
   Sous son église, dans la crypte, le Père Pons aménage une synagogue secrète. La nuit il étudie la Torah, la kaballe, les textes des rabbins et y collectionne les objets du culte. Joseph découvre son secret; le père Pons s'attache alors à  lui enseigner la religion de ses parents, à discuter avec lui de la guerre, de le religion catholique..

   Un récit d'enfants cachés.
  Un récit d'enfants pendant la guerre (qui n'a pas vraiment souffert n'ayant pas connu la faim, d'épisodes trop  dangereux...) et qui se cherche une filiation, un père de substitution. 

 L'histoire de Joseph c'est aussi le récit du traumatisme de l'abandon:

  1. Séparation brutale avec ses parents
  2. Colère envers ses parents indignes: " être juif, signifiait avoir des parents incapables de m'élever, posséder un nom qu'il fallait mieux remplacer....", des parents "inconscients". Il éprouve même de la haine pour son père et du mépris envers sa mère.
  3. La culpabilité: honte d'avoir survécu, alors que ses parents arrêtés ont peut être  été déportés.
  4. La difficulté à reconnaître ses parents survivants, méconnaissables par les souffrances physiques et morales subies, tellement éloignés de l'image qu'il avait gardé d'eux!
   Un récit ancré dans le réel: basé sur l'histoire de l'abbé André , sur la belgique pendant la guerre et la la belgique au secours des enfants juifs....
 3000 enfants juifs ont été sauvés par le Comité de défense  des juifs de Belgique!

  Mais c'est surtout le récit d'une expérience intérieure qui portera ses fruits cinquante ans plus tard, quand il deviendra enfant de Noé.
  
Personnages principaux:

Joseph Bernstein: 7 ans, juif, vit à Bruxelles avec ses parents. A la fin du récit, il a 50 ans, est marié et papa. 
Se montre protecteur envers Rudy et le père Pons.
Joseph accepte de suivre le chemin de fidélité que lui montre le Père Pons
- envers son père: fait sa bar-mitsva, transmet à ses enfants la religion de ses parents, reprend l'activité de son père.
- envers le père pons: il lui rend de nombreuses visites, l'invite chez lui pour les fêtes juives.
- A Jérusalem, chez Rudy, commence une collection et devient enfant de Noé.

Le père Pons: tête rose, charnue et chauve.

- sauveur et protecteur
   Il enlève Joseph sur son vélo pour le confier à Melle Marcelle, et l'emmène ensuite à la Villa Jaune.
   Il partage avec Joseph des moments dangereux de la guerre. Sauve une deuxième fois Joseph et les autres enfants lors de la descente de la gestapo, en  les gardant dans la crypte transformée en refuge, et en organisant leur fuite.

- professeur
    Il enseigne à Joseph la religion juive et l'hébreu ainsi que la foi chétienne. Il aide Joseph à évelopper sa réflexion, son intelligence lors de discissions sur "les grandes questions" et sur la guerre.

- un père de substitution.
   Figure parentale de Joseph qui l'appelle "père". Le garçon vient dormir près de lui, lui fait une déclaration d'amour le jour de la Libération.


   Le père Pons, comme Ponce Pilate, dans " l'Evangile selon Pilate" du même auteur, n'a pas de certitude. "Il y a des jours, dit-il, où je me demande si je ne ferais pas mieux d'être juif!" . Selon Joseph, "Il se présente comme un intermédiaire déconcerté entre les juifs et les futurs chrétiens."Il risque sa vie pour venir en aide aux juifs, c'est un juste parmi les Nations, titre qu'il recevra à titre posthume.

Rudy: 14 ansphysique ingrat, refuse d'étudier, "s'acharne à être un cancre." confident, complice, ami et frère pour Joseph. Sa mère était pianiste virtuose, son père a été tué aux camps.
"Je suis une calamité universelle, une erreur, une catastrophe, la malchance sur pattes."

Le père de Joseph: barbe noire, dure, piquante.
    humble tailleur de Bruxelles au début, puis maître de l'import-export à la libération.
"Il témoignait tant de raideur et de distance!"... Joseph le renie trois fois: d'abord à la Maison Jaune, quand il le voit du haut de son arbre, puis à la Libération, quand il refuse de rentrer avec ses parents, enfin il s'oppose à son père qui lui demande de faire sa bar-mitsva.
  
Madame Marcelle: surnommée "Sacrebleu"
  athée et fière de l'être. Première femme pharmacienne de Belgique. Elle déteste les curés et les églises, privilégie l'action immédiate.Courageuse, altruiste, dit ne pas aimer l'humanité mais agir par justice. Mme marcelle est juste: ne croit pas en Dieu, mais donne sa vie pour sauver des hommes.


Citations:

  • C'est difficile l'amour, on ne peut ni le provoquer, ni le contrôler, ni le contraindre à durer.
  • Les chrétiens sont ceux qui se souviennent et les juifs, ceux qui espèrent encore.
  • Pendant l'attente on ne sait plus si on vit un délice ou un supplice.
  • En temps de guerre, le pire des dangers est l'habitude, l'accoutumance au danger.


Ce que j'ai le plus apprécié:
    Le récit est fait presqu'entièrement à travers les yeux du narrateur enfant (de 7 à 10 ans), personnage principal . La guerre est donc vécue de l'intérieur, avec la fraîcheur et l'innocence d'un enfant; ce qui apporte humour(mots d'enfants savoureux) et détachement au récit. Ainsi, certains épisodes, dangereux en eux-mêmes, deviennent source d'amusement, ( comme le voyage à vélo au terme duquel Joseph se demande s'il aurait pédalé sans l'avoir remarqué, la "catastrophe" de la première communion ou encore la scène de la douche- à la descente de la gestapo- qui se termine sur la vision de "douze garçonnets juifs nus comme des vers....qui riaient et pleuraient à la fois."
    Malgré les circonstances pénibles de l'intrigue du roman, celui-ci se présente comme un récit d'enfance où Joseph vit ces années de guerre et de semi-clandestinité avec le goût du jeu et de l'aventure.

Sources: Dossier pédagogique de Pascale Bachas
             Site officiel de l'auteur.

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4. Oscar et la dame rose    


Thème: le christianisme 
 Comment la foi peut aider à dépasser la peur de la mort.

                                     
Sujets traités:

- L’amour
. L’amour entre une femme et un petit garçon qui n’est pas le sien.
Mamie Rose: « Je t’aime Oscar. » « Moi aussi. » lui répond Oscar
. L’amour entre les parents et le petit garçon.
. Mais aussi l’amour entre Oscar et Peggy Bleu: ‘Je veux que ce soit toi, Oscar qui me protèges des fantômes. Embrasse-moi.’
. L’amour entre Dieu et Oscar: ‘Maintenant qu’on est copains......Bisous..

La maladie et la souffrance
  • « Personne ne peut éviter de souffrir. Ni Dieu ni toi. Ni tes parents ni moi. Il faut distinguer deux peines, la souffrance physique et la souffrance morale (de l’esprit). La souffrance physique, on la subit. La souffrance morale, on la choisit.  Si on t’enfonce des clous dans les poignets ou les pieds, tu ne peux pas faire autrement que d’avoir mal. En revanche,à l’idée de mourir, tu n’es pas obligé d’avoir mal. Tu ne sais pas ce que c’est. Ça dépend donc de toi.’
  • la maladie, c'est comme la mort, c'est un fait, pas une punition.
  • Ma maladie, ça fait partie de moi. Les parents n'ont pas à se comporter différemment parce que leur enfant est malade.



La mort annoncée d'un enfant:
le silence de l'entourage:
  • « ..mais pourquoi ils ne me disent pas tout simplement que je vais mourir? »,
  • « Si tu dis mourir dans un hôpital personne n’entend, même pas les enfants. »

  • «  On fait comme si on ne venait à l'hôpital que pour guérir, alors qu'on y vient aussi pour mourir. »


La peur de la mort
  • Oscar va mourir. Il le sait. Ses parents aussi vont mourir, mais « Oscar passe devant  et cela ne lui donne pas le droit d'oublier les autres. »
  •  Oscar: « En fait, je n’ai pas peur de l’inconnu. C’est juste que ça m’ennuie de perdre ce que je connais. »
  • «Les gens craignent de mourir parce qu’ils redoutent l’inconnu. Mais justement, qu’est-ce que l’inconnu ? Je te propose, Oscar, de ne pas avoir peur mais d’avoir confiance. »

La foi
  • Chaque fois que tu croiras en lui, il existera un peu plus. Si tu persistes, il existera complètement et il te fera du bien.
  • Dieu n'est pas le père-Noël. Tu ne peux lui demander que des choses de l'esprit.
  • Regarde le visage de Dieu sur la croix : il subit la peine physique mais il n’éprouve pas de peine morale car il a confiance. Du coup les clous le font moins souffrir. Il se répète : ça me fait mal mais ça ne peut pas être un mal. Voilà ! C’est ça, le bénéfice de la foi. »
Le mystère de la condition humaine.
  Accepter de ne pas savoir le sens de la vie, sa raison d'être., cultiver cette humilité de ne pas savoir..
"Il n'y a pas de solution à la vie, sinon vivre. " et mourir.

L'expérience mystique suprême.
   La visite de Dieu à l'aube, visite qui  redonne  à Oscar, en fin de vie, le sens de l'étonnement, de l'émerveillement et lui offre une règle de conduite:" regarder chaque jour comme si c'était la première fois."
                
Intention de  l'auteur:
    Au delà des questions métaphysiques propres au cycle de l'invisible, E.E schmitt propose une reflexion sur l'hospitalité, sur le rapport entre soin et amour, sur la capacité à rencontrer l'autre, à l'accueillir, le soulager.



Messages de l'auteur:
- Nécessité de vraies relations humaines, indispensables à la compréhension du monde et au cheminement de sa personnalité.
-  Ne pas oublier que la vie est fragile, éphémère.
- La qualité d'une existence n'est pas fonction de sa durée.
- ....plus important que guérir, il faut devenir capable d'accepter la maladie et la mort.
- "Ouvrir nos yeux et nos coeurs, intensifier notre perception, réveiller notre sensiblilité, arracher les rideaux d'indiférence apportés par l'habitude."
- trouver dans sa journée, dans sa vie ce qui est essentiel.

L'histoire:


Oscar, garçon de dix ans, séjourne à l'hôpital des enfants. Ni les médecins ni ses parents n'osent lui dire la vérité sur sa maladie: une leucémie Quand, par hasard, il apprend qu'il va mourir bientôt, et que ses parents n'ont pas le courage d'aller le voir, Il se cache dans le placard pour ne plus parler à personne. Quand on le découvre, il réclame Mamie-Rose qui est alors autorisée à venir le voir chaque jour, pendant 12 jours. Il comprend  à quel point l'échéance est proche. « Douze jours? ça va si mal que ça? » C'est la seule personne qui communique avec lui sans détour. Elle lui parle de ses matchs de catch et lui propose un jeu : faire comme si chaque journée comptait désormais pour dix ans. Elle lui offre ainsi une vie entière en quelques jours. Son rôle consiste  à accompagner Oscar au long de ces jours qui lui restent à vivre en faisant de ce court laps de temps une vie riche et dense , épanouie dans l'amour.
 Pour qu'il se confie, se débarrasse de ses pensées qui pèsent, elle lui suggère aussi d'écrire à Dieu. Dans ses lettres, Oscar avoue ses douleurs, ses inquiétudes, ses joies, son premier amour, le temps qui passe . Des lettres qui concentrent en une douzaine de jours les interrogations qu'un homme peut mettre toute une vie à formuler. Il fait un voeu à chaque lettre. Dieu sera son confident, son témoin et son guide sur le chemin de la spiritualité. Oscar tombe amoureux de Peggy Blue; Mamie-Rose l'encourage à aller vers elle et se déclarer. Ils s’embrassent et sont heureux. Puis ils se marient. Mamie-Rose et Oscar vont voir Dieu, à la chapelle.  pour qu'il n'ait plus peur, pour qu'il ait confiance. "La souffrance physique, on la subit, mais pas la souffrance morale, on la choisit"., lui dit-elle en prenant exemple sur Jésus crucifié. Peggy est opérée et l’opération est réussie. Oscar fait la connaissance de ses beaux-parents. Ils l'ont traité avec beaucoup de respect.


Oscar décide d'adopter Mamie-Rose comme il a adopté son ours, preuve de l'amour qu'il lui porte.
   Peggy Blue , qui a appris qu'Oscar a embrassé une autre fille, la chinoise, ne veut plus le voir. Mais Oscar aime toujours Peggy et Mamie-Rose lui explique comment reconquérir son coeur. Peggy Blue et Oscar se réconcilient. Oscar ne veut pas passer Noël avec ses parents, alors il organise sa fugue. Avec la complicité de ses camarades de l'hôpital, il se cache dans la camionnette de Mamie-Rose qui regagne son domicile. Il passe Noël chez Mamie -Rose avec ses parents avec qui il se réconcilie .
Mamie-Rose lui a donné une statue de la Vierge Marie parce qu’Oscar trouve qu’elle ressemble à Peggy.

Il utilise le cadeau de  Noël de Mamie-Rose :la plante du Sahara qui, à son image n'a raté aucune étape de son développement malgré une existence éphémère. En effet, sortie de sa gangue, elle naît, se développe et meurt en une journée à l'instar d'Oscar qui, sorti du placard à balai renaît, vit et meurt en douze jours.

Sa santé se dégrade et il ne supporte plus les airs coupables du docteur Düsseldorf. "Faut vous détendre" lui dit-il, 

« Vous n’êtes pas Dieu le Père. Vous êtes juste réparateur. »
Peggy Blue est partie. Elle n'est plus bleue mais de plus en plus rose. Oscar sait très bien que il ne la reverra jamais. Il est très triste . Ce jour-là, il n’aime plus Dieu.

    En fin de vie, Oscar fait une expérience mystique suprême: il éprouve la sensation de la présence de Dieu à ses côtés. Dieu lui rend visite! Il comprend son secret : regarder chaque jour le monde comme si c'était la première fois. Il trouve enfin le bonheur d’exister.
       Oscar ne quitte plus le lit. Ses parents et Mamie- Rose restent à son chevet . Il  meurt, quand Mamie-Rose et ses parents vont prendre un café.

L'évolution du statut d'Oscar:
L'enfant:
ll a des préoccupations d'enfant, fait référence à Aladin, Blanche Neige et les nains, est protégé par les adultes qui l'infantilisent en affichant leur croyance au père noël..
L'adolescent:
Durant son adolescence, il tombe amoureux de Peggy Blue, une fille à la peau bleue . Ils s’embrassent et sont heureux.
L'homme marié:
À ses" trente ans", Oscar et Peggy se marient.
Oscar fait la connaissance de ses beaux-parents après l'opération réussie de Peggy Blue.
Ils l' ont traité avec beaucoup de respect.
Le père de famille:
Peggy, selon Oscar n'est pas prête pour les enfants, alors , il adopte Mamie-Rose pour lui prouver son amour , juste au moment où elle a besoin de réconfort.

Les paraboles de la dame Rose:
  • Sarah Youp la Boum: il y a toujours une solution même quand tout semble perdu.
  • Téton Royal: elle représente les mensonges, et son adversaire les conversations sincères. Sa cagoule à lui , Oscar va être de s'obliger de ne pas se laisser terrifier par sa mort prochaine et de s'approcher au plus près de sa vie, en goûtant chaque journée intensément.
  • Plum Pudding: utiliser ses capacités propres et transformer en faiblesse les atouts de l'adversaire.
    Le physique passe bien après les qualités de coeur. Oscar peut retourner vers Peggy Blue; c'est lui qu'elle choisira . Plum Pudding est le contre-exemple de ce qu'on doit faire face à la mort. L'imminence de la mort ne doit pas gâcher ni les neufs jours qui lui restent à passer sur terre ni sa mort.
  • Les soeurs Giclette: la lutte ne peut être évitée. Même si le combat paraît inégal, il ne faut pas renoncer, pas question de baisser les bras même devant la mort, d'autant que nous avons en nous les ressources, pour peu que nous ayons confiance. Rester lucides et exploiter au mieux nos qualités du corps, du coeur, et de l'esprit pour vivre intensément.


    Les voeux d'Oscar: du repliement sur soi, à l'altruisme.

       Quand Mamie-Rose lui explique qu'il peut faire un voeu par jour dans le domaine des choses de l'esprit, elle lui souffle l'idée que ces voeux peuvent prendre la forme de "faveurs pour les autres". Mais la réaction d'Oscar est immédiate:""Un voeu par jour, Mamie-Rose, faut pas déconner, je vais d'abord le garder pour moi."

    -  Une question:"Est ce que je vais guérir?"

    -  Il demande une visite  de Dieu en esprit

    -  Il voudrait que Peggy et lui se marient

    - "Fais en sorte que l'opération de Peggy Blue, demain, se passe bien."

       "Fais en sorte que, quelque soit le résultat de l'opération, Peggy Blue le prenne bien!"

    - pas de voeu particulier. "ça te fera du repos"

    - il demande à Dieu quel cadeau il pourrait lui faire pour son anniversaire.

    - il voudrait que ses parents restent toujours comme le soir de Noël.

    - Il voudrait que Dieu lui rende visite

    - pas de voeu, il est trop triste du départ de Peggy

    - Il demande à Dieu de refaire " le coup de la première fois à ses parents."

    - Il demande à Dieu de visiter ses parents et de continuer le travail qu'il a commencé avec eux.


Personnages principaux:
Oscar:  leucémique, a dix ans et a l'air d'en avoir sept, surnommé "crâne d'oeuf". Ne croit pas en l'existence de Dieu.
 D'abord, il déteste ses parents qu'il trouve "tarés, lâches, de vrais cons, des crétins qui ont l'intelligence d'une poubelle..." Puis il demande à Dieu de les faire vivre ce qu'il a connu: une rencontre avec Dieu.
"Moi, avec mon crâne d'oeuf qui ne ressemble ni à un garçon, ni à une fille , mais plutôt à un martien."

Mamie-Rose: C'est la plus vieille des "blouses roses", ces bénévoles qui donnent de leur temps et de leur coeur pour rendre visite aux enfants malades.C'est la seule adulte sincère, qui aborde avec Oscar la question de la mort.. 
Dans le film elle est livreuse de pizzas.

Le professeur Düsseldorf: médecin traitant d'Oscar qui culpabilise de ne pas réussir à soigner Oscar.

Les enfants malades de l'hôpital:
Les garçons sont désignés par la particularité physique engendrée par leur maladie. 
- Pop Corn: l'obèse comme un grain de maïs gras et soufflé.
- Bacon: le grand brûlé
- Einstein: l'hydrocéphale à la grosse tête.
- Peggy-Blue. Peggy c'est son vrai nom. Sa maladie lui donne une peau bleue. Oscar la compare à une fée et à la Vierge Marie.
- La Chinoise qui dissimule sa maladie. Ella a un rôle négatif dans la vie d'Oscar.
- Brigitte, l'innocente trisomique.

Citations:
« Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s’incrustent, qui t’alourdissent, qui t’immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu ne parles pas. »

 « Si je m’intéresse à ce que pensent les cons, je n’aurai plus de temps pour ce que pensent les gens intelligents. »

  « Mais la plupart des gens sont sans curiosité. Ils s’accrochent à ce qu’ils ont, comme le pou dans l’oreille d’un chauve. »

" Les questions les plus intéressantes restent des questions. Elles enveloppent un mystère. A chaque réponse, on doit joindre un "peut-être". Il n’y a que les questions sans intérêt qui ont une réponse définitive."

"Il n’y a pas de solution à la vie sinon vivre. »

Extrait: la visite de Dieu.
   « C’était le matin. J’étais seul sur la Terre. Il était tellement tôt que les oiseaux dormaient encore, [...], et toi tu essayais de fabriquer l’aube. Tu avais du mal mais tu insistais. Le ciel pâlissait. Tu gonflais les airs de blanc, de gris, de bleu, tu repoussais la nuit, tu ravivais le monde. Tu n’arrêtais pas. C’est là que j’ai compris la différence entre toi et nous : tu es le mec infatigable ! Celui qui ne se lasse pas. Toujours au travail.
            [...] J’ai compris que tu étais là.Que tu me disais  ton secret: regarde chaque jour le monde comme si c’était la première fois.
            [...] La première fois. Je contemplais la lumière, les couleurs, les arbres, les oiseaux, les animaux. Je sentais l’air passer dans mes narines et me faire respirer. J’entendais les voix qui montaient dans le couloir comme dans la voûte d’une cathédrale. Je me trouvais vivant. Je frissonnais de pure joie. Le bonheur d’exister. J’étais émerveillé.
            [...] J’avais l’impression que tu me prenais par la main et que tu m’emmenais au cœur du mystère contempler le mystère. Merci. »

La vie n'est pas un cadeau mais un prêt.
« J’ai essayé d’expliquer à mes parents que la vie, c’était un drôle de cadeau. Au départ, on le surestime, ce cadeau : on croit avoir reçu la vie éternelle. Après, on le sous-estime, on le trouve pourri, trop court, on serait presque prêt à le jeter. Enfin, on se rend compte que ce n’était pas un cadeau, mais juste un prêt. Alors on essaie de le mériter. [...]
Plus on vieillit, plus il faut faire preuve de goût pour apprécier la vie. On doit devenir raffiné, artiste. N’importe quel crétin peut jouir de la vie à dix ou à vingt ans, mais à cent, quand on ne peut plus bouger, faut user de son intelligence. »


Ce que j'ai le plus apprécié: 

   Le fait qu'il s'agisse de la mort annoncée d'un enfant aurait pu donner un texte plein de pathos, car selon l'idée générale, la mort d'un enfant est injuste révoltante. Mais l'auteur a choisi, pour traiter ces questions philosophiques, de faire parler un enfant, avec ses mots, son humour, sa spontannéité( il tutoie Dieu, lui demande deux, trois services..) et une grand-mère qui se dit ancienne cacheuse, peu soucieuse des convenances  et qui se bat contre la maladie en utilisant l'ironie, l'humour et invente des légendes.



5.Milarepa.

Thème:
Sujets traités:
                  
Message de l'auteur:
Intention de l'auteur:
L'histoire:
Personnages principaux:
Citations:
Ce que j'ai le plus apprécié:


6.Mr Ibrahim et les fleurs du coran. 

Thème:                                                            
Sujets traités:
                
Message de l'auteur:
Intention de l'auteur:
L'histoire:
Personnages principaux:
Citations:
Ce que j'ai le plus apprécié

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